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L’écrasement prolongé


1.Le trouble


Lorsqu'un membre reste écrasé pendant plusieurs heures (ensevelissement, incarcération), l'effet garrot local lié à la compression (blocage de la circulation sanguine) s'ajoute à l'écrasement des muscles. Les cellules écrasées et privées d'oxygène laissent échapper des produits qui, lorsqu'ils sont ainsi libérés en grande quantité, deviennent toxiques pour l'organisme.

Tant que la circulation dans le membre n'est pas rétablie, ces substances nocives restent en place; ce qui explique qu'une victime qui ne présente qu'une compression isolée d'un membre puisse supporter le trouble pendant plusieurs heures. Au moment du dégagement, la circulation est rétablie et le sang ramène brutalement les déchets cellulaires qui créent une véritable intoxication.

Si on ne prend pas de précaution lors du dégagement, l'état de la victime peut s'aggraver brutalement en présentant un collapsus, des troubles du rythme cardiaque ou un arrêt cardio- respiratoire. Mais d'autres, troubles d'apparition secondaire guettent encore la victime : une partie des substances libérées par les muscles va bloquer peu à peu le filtre rénal ; au troisième jour, la victime ne peut plus uriner et faute d'un traitement adéquat, meurt. Ce trouble est aussi appelé " crush sydrom ".


2.Bilan

-circonstances, délai écoulé depuis l'accident
-partie du membre qui est compressée
-bilan vital
-autres atteintes (traumatisme, brûlures, intoxication...
- antécédents, traitement suivi
-température si possible.


3.Conduite à tenir

Même si le risque est peu important lorsque la durée de compression est relativement courte, il faut s'assurer d'une présence médicale au delà de 15 minutes écrasement. On doit donc prendre en compte le temps écoulé depuis l'accident et le délai nécessaire à la désincarcération ou au dégagement de la victime ensevelie.
En dehors de ce problème particulier, les soins sont prodigués à la victime en fonction du résultat du bilan. L'oxygénation doit être systématique dès la découverte de la victime.

4.A savoir

La gravité de la compression prolongée est proportionnelle à l'importance de la masse musculaire écrasée (cuisse).
Mieux vaut attendre l'AR quelques minutes en retardant la levée de la compression que de risquer l'apparition d'une détresse sans pouvoir y faire face.
On peut sauver un membre après plus de 3 heures de compression.

Après dégagement, la victime est hospitalisée en milieu spécialisé et son sang pourra si nécessaire être épuré des substances toxiques à l'aide d'un rein artificiel (dialyse). 

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